LES ENTREPRISES WALLONNES ET L'E-COMMERCE
Question orale - Parlement wallon - Economie, PME, zonings - 07/02/2012 - Sébastian Pirlot
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QUESTION ORALE
DE M. PIRLOT À M. MARCOURT,
MINISTRE DE L'ÉCONOMIE, DES P.M.E,
DU COMMERCE EXTÉRIEUR ET DES
TECHNOLOGIES NOUVELLES,
SUR
« LES ENTREPRISES WALLONNES ET
L'E-COMMERCE »
Madame la Présidente,
Monsieur le Ministre, chers collègues, un des
spécialistes des paiements en ligne, Ogone, a publié
récemment des données sur l'e-commerce en
Belgique. Parmi ces différentes données, il ressort
que le commerce électronique représenterait 6,6 %
du commerce de détail en Europe et 3 % en
Belgique. Sur base de leur représentativité et en
l'extrapolant, Ogone évalue à 1 milliard 315
millionsd'euros le chiffre d'affaires de l'e-commerce
en Belgique, en hausse de plus de 18
%.
Ces chiffres sont à prendre avec prudence car ils
n'incluent pas les paiements en magasin ou à la
livraison, et ne couvrent pas l'entièreté du marché.
Ogone fournit des données pour l'ensemble de la
Belgique, mais ne les détaille pas par région. Ils
fournissent néanmoins des indices et pistes de
réflexions sur les habitudes de consommation.
Ainsi, le secteur des voyages resterait le plus
représenté suivi par les services tickets, photos,
téléchargements, les vêtements, les biens culturels,
les produits technologiques, la beauté, et caetera. Il
se confirme par exemple que les fêtes de fin d'année
constituent toujours un pic de vente.
Parallèlement, si on examine les chiffres de
l'Agence wallonne des Télécommunications, du côté
des consommateurs wallons, on voit que 35
% des
Wallons sont adeptes de l'e-commerce, et que les
secteurs principaux concernent les vêtementsarticles
de sport, puis les tickets, suivis des livres et
magazines, puis des voyages, et ainsi de suite.
En juin 2010, l'AWT était venue dans cette
commission. Le Master plan TIC de Creative
wallonia a été lancé en juin 2011. Le gouvernement
ne reste pas inactif sur ce sujet.
L'Agence wallonne des Télécommunications
offre des ressources pour les PME actives ou
désireuses de se lancer dans l'e-commerce. Les aides
existent aussi - RENTIC -, l'AWEx intervient
également et les cybercentres proposent des
formations en la matière. Ceci, sans parler du pôle
de compétitivité centré sur les TIC.
On le voit, des outils sont disponibles pour les
entreprises wallonnes. On sait que le marché de l'ecommerce
est un marché très croissant, difficile à
cerner et soumis à des nombreuses et très rapides
adaptations. Il est utile de bénéficier des données les
plus actualisées pour encourager, encadrer et
orienter nos entreprises dans ces débouchés.
L'adaptation à la présence sur les réseaux sociaux et
à l'accessibilité par les smartphones prend en outre,
depuis peu, de plus en plus d'importance et nécessite
aussi un suivi constant en matière de conseils et de
formation.
Mais peut-on évaluer l'évolution du nombre
d'entreprises wallonnes réellement actives dans ce
segment
? Connaît-on la part des exportations qui
passent par ce vecteur
? Quelle est la photographie la
plus récente de la pratique des entreprises,
notamment les PME en matière de commerce
électronique
? Les systèmes d'aide et d'encadrement
6 P.sont-ils assez sollicités ? Constate-t-on une hausse
des demandes en lien avec la progression du
secteur ? Et plus largement, quels sont les derniers
axes de développement envisagés pour adapter le
renforcement du commerce électronique pour les
entreprises wallonnes
?
Je vous remercie d'avance pour vos réponses.
Réponse
Madame la Présidente, Monsieur le
Député, le dernier baromètre TIC 2011, publié
dernièrement, donne un certain nombre de réponses
à vos interrogations.
On y apprend en effet que 32
% des entreprises
en Wallonie disposent d'un site internet. Cette
proportion est quasiment de 100
% dans les grandes
entreprises et de plus de 60
% pour les entreprises de
10 à 250 personnes.
Étant donné que la majorité des entreprises sont
dans la catégorie des TPE, on comprend que ce taux
de création de sites internet peut paraître faible en
tenant compte du nombre de TPE justement
présentes chez nous.
Si l'on ajoute encore que 10
% des entreprises ne
sont pas encore équipées d'un ordinateur, et que
celles-ci appartiennent à la catégorie des très petites
entreprises dans des secteurs peu technologiques
comme le commerce de détail, on comprendra
aisément que nos entreprises progressent, mais qu'il
existe également une valeur absolue qu'il sera
difficile d'atteindre.
Le pourcentage d'entreprises non équipées, 10
%,
correspond au taux de connexion internet qui est
d'environ 90
%.
Pour ce qui concerne spécifiquement la vente en
ligne, et l'e-business de manière générale, 18
% des
entreprises y ont fait appel en 2010, contre 14
% en
2009.
Plus intéressant sont les chiffres relatifs aux
achats réalisés en ligne par nos entreprises. En effet,
39
% de nos entreprises réalisent leurs achats en
ligne. Ce pourcentage monte à 49
% pour les
grandes entreprises, si l'on examine les chiffres par
catégories d'entreprises.
La marge de progression pour les capacités de
vente en ligne est importante. Elle est à mettre en
relation avec notre localisation centrale en Europe et
notre positionnement en ce qui concerne la
logistique.
Si le concept de l'e-business est intégré dans de
grands groupes comme Johnson & Johnson, qui est
actif depuis la production, en passant par le stockage
et la distribution, il y a encore du développement
d'activités potentielles important pour donner du
service logistique de qualité à des entreprises qui
n'ont pas cette capacité d'intégration verticale, mais
qui sont, le cas échéant, prêtes à la sous-traiter.
Les compétences wallonnes en matière de
logistique sont avérées, sa position et ses capacités
d'exportation par sa liaison à tous les grands
réseaux, qu'ils soient routier, ferroviaire ou
aéroportuaire, permettent d'envisager des
développements structurels au bénéfice de nos
entreprises.
Il faut susciter les entrepreneurs, et l'Agence
Wallonne des Télécommunications dans son
document - c'est d'ailleurs l'objet de sa mission -
propose notamment de reconsidérer son approche de
sensibilisation par rapport aux très petites
entreprises qui sont encore isolées des technologies
de l information.
L'AWT propose aussi d'intensifier l'approche
sectorielle, ainsi que de susciter des partenariats
sectoriels en matière d'échange d'expérience et de
mise en cours des besoins des P.M.E..
On réalise ainsi, d'une part, des effets d'échelles,
le cas échéant, dans le développement de solutions
transversales pour des entreprises de différents
secteurs, et d'autre part, on concentre ses moyens et
son activité dans des secteurs où l'usage des
technologies de l'information sera constitutif de
valeur ajoutée importante et ce, dans une échéance
relativement brève.
Je termine enfin sur le Master Plan TIC où
j'entends, au travers de dix priorités stratégiques,
faire de la Wallonie un territoire d'excellence
numérique.
Il s'agit d'aller au-delà du développement de la
vente en ligne, même si cela constitue un facteur de
développement important, et de créer une véritable
culture des technologies de l'information et de la
communication et d'encourager le développement et
la mise au point de solutions innovantes par nos
entreprises.
Quant aux moyens directs que je consacre au
TIC, les mesures de soutien à l'e-Business et au
Rentic représentent en 2011, 306 dossiers déposés,
contre 186 en 2004 - on est donc presqu'au double -,
et un budget engagé en 2011 de près de 2 millions
d'euros contre 660 000 euros en 2004.
Depuis le début de la mesure en 2004, 309
dossiers sites e-business et 116 dossiers RENTICont été déposés. Cela représente un engagement
global de plus de 13 millions d'euros.
Mme la Présidente. La parole est à M. Pirlot.
M. Pirlot (PS). Je remercie M. le Ministre pour
sa réponse.




