LE RISQUE D'AUGMENTATION DU COÛT DES PRESTATIONS DE BELGOCONTROL
Question orale - - 06/02/2012 - Muriel Targnion
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QUESTION ORALE
DE MME TARGNION À M. ANTOINE,
MINISTRE DU BUDGET, DES FINANCES,
DE L'EMPLOI, DE LA FORMATION ET DES
SPORTS,
SUR
« LE RISQUE D'AUGMENTATION DU
COÛT DES PRESTATIONS DE
BELGOCONTROL »
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre, chers collègues, j ai la grande
chance d être sénatrice de communauté. À l époque,
le législateur qui avait créé le statut de sénateur de
communauté avait pour but que les parlementaires
communautaires aient un certain contrôle sur le
pouvoir fédéral. Quelle ne fut pas ma surprise d être
assise en Commission des finances et des affaires
économiques et d entendre la note politique du
Secrétaire d État, M. Wathelet, parler de
Belgocontrol. Jusque-là tout allait bien jusqu'à ce
qu'il déclare qu il comptait mettre tout en uvre
pour que l'entreprise retrouve un équilibre financier
structurel c est normal en concertation
notamment avec les régions. Il voudrait, ce qui ne
vous plait pas, d après ce que vous aviez déjà
déclaré, qu'une réactualisation de l'accord de
coopération du 30 novembre 1989 ait lieu en
concertation avec les autorités régionales.
Pour rappel, cet accord, conclu lors de la
régionalisation des aéroports wallons en 1989,
stipule que Belgocontrol assure, à ses frais, la
sécurité du trafic aérien des aéroports et aérodromes
publics régionaux au niveau des services
d'application à la date de la conclusion de l'accord
en ce qui concerne les heures d'ouverture,
l'équipement disponible et l'effectif en personnel. Le
surplus de prestations lié à l'accroissement de
l'activité depuis 1989 est entièrement pris en charge
par la région.
Précédemment, lors de l'évocation de ce dossier
en commission, vous aviez déclaré qu'un
refinancement de Belgocontrol par les régions
pourrait avoir comme conséquence d'entraver le bon
développement des aéroports régionaux, et qu'il
serait erroné de prétendre que l'état des finances de
Belgocontrol était lié à la bonne santé des aéroports
régionaux.
Vous considériez également que le déficit de
Belgocontrol était en partie lié aux mauvais résultats
de l'aéroport de Zaventem et à l'absence d'indexation
des tarifs des prestations y étant fournies.
Votre conclusion était que
: «
une intervention
financière de la Région wallonne ne peut être
envisagée en vue de couvrir le déficit budgétaire
d'un organisme dépendant de l'autorité fédérale
». Je
trouve que vous aviez tout à fait raison.
À la lumière des derniers éléments, pouvez-vous
nous donner la position du Gouvernement wallon
sur l idée de votre collègue Secrétaire d État, M.
Wathelet
?
Réponse
Je le
disais en aparté à notre secrétaire de commission :
sales affaires. Et tout s'est encore compliqué, car
auparavant, je devais convaincre ou m'opposer, c'est
selon, à M. Schouppe. Aujourd'hui, c'est tout autre
chose, c'est notre ami M. Wathelet.
Nul doute que Belgocontrol connaisse des
difficultés financières, cela, je serais le dernier à le
contester. Mais je maintiens la source, en tout cas,
les raisons pour lesquelles j'avais invoqué leurs
difficultés.
Pour moi et je sais que vous allez le répéter et
je vous en remercie -, l'accord de coopération de
1989 existe. Il n'est pas invalidé et nous devons
garantir le respect de celui-ci. Il y avait le trafic
avant 1989, il y a le trafic après 1989. Moi, je ne
peux rien dire d'autre. Pour le moment, nous
acquittons 31
506
000 euros à Belgocontrol. On peut
bien sûr toujours discuter en fonction de l'évolution
du nombre de vols. On peut peut-être aborder la
question de l'envol, mais à ce stade, je ne peux que
dire à mon excellent collègue et néanmoins ami
surtout s'il est en difficulté qu'il en est ainsi pour
moi et le gouvernement. D'ailleurs dans la
confection de ce gouvernement, M. Lutgen assurant
la partie socio-économique m'avait déjà entendu
tellement au gouvernement que je n'ai même pas du
lui répéter ce qu'il fallait mettre. Je vous renvoie
donc à l'accord fédéral, vous allez voir que la
rédaction de l'accord est beaucoup plus subtile quant
aux éventuelles obligations qui pèseraient sur la
région. Concerter, oui
; se rencontrer, bien sûr, mais
de là à s'avancer tête baissée sur un refinancement
de Belgocontrol hors de l'accord de coopération,
non
! Quand je dis cela, je sais que je ne facilite pas
la tâche de mon ami M. Wathelet, et je lui en
présente mes excuses, mais il sait que nous sommes
dans une logique fonctionnelle.
C'était déjà le cas quand il avait le budget et je lui
fais confiance c'est un homme créatif,
dynamique, innovant pour trouver une formule
qui permettrait pour lui, de trouver un remède aux
difficultés de Belgocontrol sans devoir mettre ses
amis dans la difficulté.
C'est une belle formule. Si vous lui répétez,
ajoutez les deux dernières phrases. On n'opère
jamais sans anesthésiste.
(Rires)
M. le Président. Ces histoires d'échanges
humanistes par socialiste interposé, c'est intéressant,
Monsieur le Ministre.
M. Antoine, Ministre du Budget, des Finances,
de l'Emploi, de la Formation et des Sports. C'est
parce que vous, vous n'êtes pas là-bas.
M. le Président. On n'a pas voulu de nous,
Monsieur le Ministre.
La parole est à Mme Targnion.
Mme Targnion (PS). Merci, Monsieur le
Président. Pour moi aussi, M. Wathelet est un
excellent ami puisqu'il est verviétois et qu'on a
l'occasion de se rencontrer. Moi aussi, je m'oppose à
lui notamment dans le cadre des élections
communales.
(Rires).
Je suis contente de vous entendre car vous êtes
cohérent avec ce que vous avez toujours dit. Je ne
doute pas et j'espère qu'il trouvera une autre
solution, car là, c'était sa note de politique générale.
Je trouvais cela un peu bizarre qu'il parle de cela
sans s'être, au préalable, concerté avec les régions et
avoir déjà pu tâter le terrain.
Je suis contente que le Gouvernement wallon, et
vous-même, persiste dans votre souhait et dans votre
cohérence.




