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Edmund Stoffels réagit suite à la nomination du nouveau commissaire européen à l'agriculture Dacian Ciolos

Suite à la nomination du nouveau commissaire européen à l'agriculture, Dacian Ciolos, Edmund Stoffels a tenu à réagir. Il en a profité pour faire le point avec le Ministre Lutgen sur l'agriculture wallonne, et sur les perspectives qui s'ouvrent à nous avec la future présidence belge de l'Union prévue en juillet prochain.



Pour Edmund Stoffels comme pour Marc Tarabella, seul député belge membre de la commission agriculture du Parlement européen, la nomination de Monsieur Ciolos est une chance car sa vision de l'agriculture est plus en phase avec notre modèle agricole.

Néanmoins, Edmund Stoffels reste prudent : "Dans son audition, Monsieur Ciolos a déclaré vouloir libéraliser encore plus les marchés agricoles tout en les régulant mais il n'a pas été très précis quant aux mécanismes de régulation qu'il voulait mettre en place."

Concernant la PAC, le futur commissaire a plaidé pour une réforme et une adaptation de la PAC aux défis climatiques et environnementaux. Il a insisté sur l'importance du 1er pilier pour le revenu des agriculteurs. A propos de la répartition des aides fournies par le 1er pilier, Monsieur Ciolos a indiqué  qu'il souhaitait un rééquilibrage, à la fois entre les Etats membres, entre régions et entre agriculteurs. Il souhaite également un système plus simple et plus équitable pour les agriculteurs.

Une meilleure régulation des marchés

Concernant la régulation des marchés, Monsieur Ciolos reconnaît qu'elle est indispensable. La crise du lait nous le démontre encore aujourd'hui : les agriculteurs doivent faire face à un marché de plus en plus volatil qui les expose en tant que producteurs à des risques d’une ampleur à mettre en péril l’existence de bon nombre d’exploitations.

Pour les réguler, il propose de généraliser des outils tels que : le fonds de garantie agricole, les assurances récoltes ou encore la contractualisation entre les différents acteurs des filières agricoles pour structurer les marchés.

"Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, chers collègues, je me permets de vous inviter à un petit retour en arrière : Septembre 2009, nombreuses manifestations du monde agricole, épandage massif de lait dans les champs et rentrée de notre Parlement...

A cette occasion, le premier débat que nous avions mené était celui de la crise du lait. Parmi les pistes de réflexion proposées par le Groupe PS, la contractualisation avait une place centrale.   Cette prise de position, exprimée par notre collègue Françoise Fassiaux, avait suscité de vives réactions notamment de la part du chef de Groupe de l'opposition libérale qui avait parlé, et je le cite :  « de collectivisation et d'étatisation du commerce ».

Je pense que quelques mois plus tard, après une évolution doctrinale et proposée par le futur commissaire à l'agriculture, la contractualisation pourra être plus audible aux oreilles de certains..."

La Présidence belge de l'Union, l'occasion d'impulser de nouvelles politiques à la PAC

Edmund Stoffels a rappelé que 2010 serait une année importante pour la Belgique puisque nous aurons l’honneur de présider l'Union. Ce sera, selon le Député socialiste, le moment idéal pour impulser de nouvelles lignes à la PAC. En effet, récemment, la COPA  (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE) a livré sa vision de la PAC.


Une des propositions consiste à ne plus rembourser aux Etats membres les excédents budgétaires d’une année mais de créer avec cet argent une réserve européenne mobilisable en cas de crise. Cette formule éviterait au secteur de devoir chaque fois renégocier avec le monde politique lorsqu'il s’agit de dégager des moyens pour compenser les pertes inattendues subies par les exploitations laitières. Ces réserves viendraient en complément des régimes nationaux et régionaux.

"Les instruments, pour transcrire cet objectif en mesures concrètes, sont multiples. Les organisations professionnelles en proposent quelques unes (achat à l’intervention, stockage privé …). La question est de savoir si les responsables politiques pourront s’accorder pour répondre favorablement à la demande des organisations professionnelles.  Monsieur le Ministre, partagez-vous l’analyse et les propositions de la COPA ? Le cas échéant, allez-vous mettre en place des initiatives politiques dans le cadre de la future présidence belge pour créer cette réserve ?"


Pour une agriculture de qualité

Pour terminer son intervention, Edmund Stoffels a rappelé que nos agriculteurs vivent une situation difficile. Si les manifestations sont terminées, si chacun est retourné dans sa ferme, les difficultés sont toujours là et les incertitudes demeurent.

"La PAC est un outil formidable, il nous a permis, en 50 ans, de développer une agriculture performante et de qualité. Aujourd'hui, nous devons faire évoluer cet outil afin qu'il permette de toujours assurer notre autosuffisance alimentaire mais également qu'il participe aux défis environnementaux et énergétiques.

La désignation d'un nouveau commissaire est un moment important car c'est lui qui durant 5 ans portera notre message agricole. Certes, nous revenons de loin et le mandat de Madame Fischer-Boel fut difficile mais ce n'est pas pour cela que nous devons donner une carte blanche à son successeur. C'est donc avec une certaine confiance mais également avec vigilance que nous prenons acte de sa nomination.
"

Pour le PS, la stratégie de développement de l’agriculture doit rencontrer les priorités suivantes :

- La dimension humaine et sociale privilégiant l’exploitation familiale et les jeunes, notamment dans une approche de renouvellement des générations, la création et la préservation d’emplois directs et indirects confortés par un statut social approprié et en développant les services de remplacement agricole
- La dimension multifonctionnelle par la reconnaissance de nouvelles missions confiées à l’agriculture telles que la préservation des écosystèmes, la production d'énergie, le développement de l’économie rurale et particulièrement du tourisme rural, la promotion de produits et de l’artisanat,…
La dimension économique avec la création de valeur ajoutée accrue, équitablement répartie entre les différents maillons des filières
La dimension territoriale et environnementale visant à ancrer l’agriculture dans ses terroirs et à prendre en compte une approche spatiale à un niveau approprié.


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