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Avenir de la sidérurgie liégeoise : Alain Onkelinx et Marc Bolland interviennent

Alain Onkelinx et Marc Bolland ont interrogé ce mardi 24 janvier le ministre Marcourt à propos de l'avenir de la sidérurgie liégeoise. Les Députés socialistes sont revenus aussi sur le rapport Laplace et les déclarations de Marcel Genet, Président de Laplace Conseil, qui avait qualifié les Liégeois de "Biesses".

Avenir de la sidérurgie liégeoise : Alain Onkelinx et Marc Bolland interviennent

 

Le 2 décembre dernier, le comité parlementaire interrégional de la Grande Région a adopté une recommandation sur l'avenir de la sidérurgie, qui comprend un nombre important de propositions assez concrètes tentant de faire la synthèse entre les aspects sociaux, économiques et environnementaux dans le cadre d'une réflexion sur un type de politique industrielle possible.

 

Comme l'a rappelé Marc Bolland, la recommandation part d'une idée : la sidérurgie de la grande région a un destin commun. "Cette communauté de destin, précise le député socialiste, nous incite à penser qu'au-delà des politiques régionales, les membres de la grande région ont intérêt à coordonner leur politique industrielle, notamment sur le plan des infrastructures, de la recherche, de l'image, mais aussi certainement du travail sur les coûts."

 

La mise en place de liens entre les différents bassins pourrait donc permettre de définir efficacement de réelles filières acier, la relation entre les bassins étant à envisager non comme une « guerre des bassins » mais comme une réelle complémentarité permettant une amélioration des structures de coût au profit de la productivité de chacun.

 

Marc Bolland poursuit : "Une vision globale au niveau de la grande région pourrait permettre de rapprocher les centres de décision de nos régions, comme c'est le cas dans la sidérurgie sarroise. Quelles sont, au stade actuel de votre réflexion, vos remarques ? Notamment, porterez-vous au niveau de la grande région la proposition de mise en place d'un comité de pilotage permanent de la politique sidérurgique, permettant de coordonner et de dynamiser nos politiques industrielles respectives ? Par ailleurs, vous avez commandé un certain nombre de rapports, notamment à la SOGEPA sur la problématique d'Arcelor Mittal. Avez-vous des nouvelles de ce côté ? Où en êtes-vous dans vos démarches, quel est le timing ? D'autre part, comment rétablir un dialogue constructif avec Arcelor Mittal qui, quoi qu'il en soit, devra rester notre interlocuteur?"

 

Extrêmement sensible à cette problématique, Alain Onkelinx est également intervenu : "On a pu lire les déclarations du patron d'ArcelorMittal Wallonie, Jacques Pélerin, selon lesquelles, je cite, « Liège est au centre des aciers du futur ». Il précise même que « les aciers qui ont de nouvelles fonctionnalités sont en Wallonie et surtout à Liège via des investissements réalisés par le Groupe ArcelorMittal et le CRM ». Il détaille des procédés de fabrication qui, à la lecture de ses explications, semblent placer Liège au centre de l'avenir. Voilà qui devrait être de bon augure pour le secteur froid à Liège. Le froid, et le hightec, y auraient donc un avenir encourageant."

 

Pourtant, Alain Onkelinx est bien conscient que les investissements qui sont nécessaires à l'entretien et à la modernisation des structures de production du secteur froid liégeois se font toujours attendre. "La FGTB et la CSC tirent la sonnette d'alarme, détaille le Député liégeois, et nous ne pouvons que rejoindre leurs préoccupations. Pour essayer de comprendre le discours du patron d'ArcelorMittal Wallonie, nous aimerions qu'il soit en accord avec la réalité industrielle de la politique du Groupe sidérurgique. Dès lors, avez-vous eu connaissance de perspectives d'investissements à Liège? Comment interpréter ce discours de la direction ? S'agit-il uniquement de communication ou un plan industriel est-il prévu ? Par ailleurs, le 19 janvier s'est tenu le cinquième conseil d'entreprise extraordinaire de la procédure Renault enclenchée depuis l'annonce de l'arrêt de la phase liquide. Qu'en ressort-il ? Par ailleurs, comment ne pas s'étonner des grandes lignes du Rapport Laplace sur l'avenir de la sidérurgie liégeoise, et surtout de la manière dont s'est exprimé Marcel Genet, le Président de Laplace Conseil, sur les ondes de la RTBF ce lundi à 8h00 ? En attendant, nous tenons à répéter notre entier soutien aux travailleurs, qui ont consenti à de grands et douloureux sacrifices et ne méritent pas un tel traitement. Et nous espérons qu'une analyse plus fouillée du document pourra apporter davantage d'explications."

 

Dans sa réponse, le ministre wallon de l'Économie Jean-Claude Marcourt a affirmé qu'il était impossible de donner suite au rapport controversé du consultant Laplace-conseil sur la sidérurgie liégeoise : "Il n'est pas possible de donner suite à ce rapport en raison de ses incohérences intellectuelles, ce document est un rapport intermédiaire, il faudrait travailler dessus pour qu'il devienne cohérent", a répondu le ministre.

 

De plus, il a assuré que le gouvernement wallon n'acceptait pas le caractère inéluctable de la fermeture de la phase à chaud à Liège, annoncée par le groupe ArcelorMittal. "Nous sommes toujours dans la phase 1 de la loi Renault, au stade de la déclaration d'intention", a-t-il rappelé, assurant que les pouvoirs publics examinaient toutes les pistes envisageables.

 

Le ministre s'en est pris également au commanditaire du rapport, la SOGEPA, bras financier de la Région wallonne. "Je regrette que la SOGEPA, qui est gardienne de la discrétion de ce type de document, n'ait pas préservé sa confidentialité jusqu'au rapport définitif. Il y a là une responsabilité importante", a précisé le ministre Marcourt, annonçant une réunion mercredi au sein de cette société.