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Budget 2012 : Isabelle Simonis intervient

La Présidente du Groupe socialiste au Parlement wallon a pris la parole ce mercredi 14 décembre, afin d'évoquer le budget 2012. Après avoir rappelé le contexte de la crise financière, elle a précisé que la Wallonie se dotait d'un budget rigoureux, mais certainement pas d'austérité, afin de préserver une politique sociale, maintenir le pouvoir d'achat, soutenir la relance économique et permettre le retour à l'équilibre.

Intervention d'Isabelle Simonis

 

Retrouvez ci-dessous l'intervention d'Isabelle Simonis, Présidente du Groupe socialiste, à propos du budget 2012 :

 

Madame la Présidente,

Madame et Messieurs les Ministres,

Chers Collègues,

 

Je ne peux entamer véritablement mon intervention sur le budget 2012, sans resituer celui-ci dans quelques éléments de contexte. Ensuite, je laisserai quelques collègues de mon groupe intervenir dans des thématiques plus précises.

 

La crise économique et financière de 2008 a laissé de profondes traces auprès des citoyens et des entreprises, avec son lot de pertes d’emploi et de faillites. Cette situation a rendu la confection des budgets 2009 et suivants particulièrement difficile.

 

Il ne faut pas s'en cacher. Le contexte économique est très difficile et la crise financière se prolonge, particulièrement avec la problématique des dettes souveraines.

 

Alors que les États ont sauvé le système bancaire en s'endettant, sans doute plus que de raison, ces mêmes États se font maintenant « attaquer » par des spéculateurs ! Et que dire bien évidemment des « pratiques » des agences de notation ainsi que de l'utilisation des programmes informatiques créés de toute pièce pour gagner toujours plus d'argent, quelles qu'en soient les conséquences, souvent fort désastreuses.

 

Jamais à l'abri de cynisme, nous apprenons aujourd'hui que les banques entendent augmenter leurs tarifs et rendre plus difficile l’accès au crédit, en imputant la responsabilité aux États, et ce malgré les catastrophes financières dont elles sont responsables ?

 

La lecture des postes du Budget 2012 consacrés à l'économie nous apprend une chose. Contrairement aux établissements de crédit qui se montrent déficients et réticents à s’investir dans l’économie réelle, ce qui devrait être leur mission première, le Gouvernement wallon, au travers du Ministre Marcourt, reste un partenaire loyal, fiable et prévoyant. Il pallie, comme souvent, aux manquements et aux lacunes du secteur financier, qui a sombré dans l'ultra-capitalisme.

 

Le Groupe PS est donc satisfait de l’opposition du Gouvernement à tout démantèlement des systèmes de cohésion sociale et de solidarité, portée par la pensée droitière, qui cherche à mettre sous tutelle les budgets de l'ensemble des États membres de l’Union européenne.

 

Contrairement à d’autres, le

 

  1. gel des salaires, la

  2. diminution du salaire minimum,

  3. augmentation de l'âge de la pension ou encore les

coupes sombres dans la fonction publique, synonymes d’austérité, n’auront pas lieu.

 

Dans ce contexte, nous comprenons l'immense difficulté d'élaborer ce budget 2012. Celui-ci s'inscrit dans un cadre de responsabilisation financière, de respect de la trajectoire de retour à l'équilibre pour 2015, tout en préservant les politiques essentielles. Un budget de rigueur juste mais certainement pas d'austérité, afin de préserver une politique sociale, maintenir le pouvoir d'achat de nos concitoyens, soutenir la relance économique, et permettre le retour à l'équilibre.

 

Oui, plus que jamais, le retour à l'équilibre est une priorité. Comme en 2011, nous faisons davantage d'économies que nous impose la trajectoire du Pacte de stabilité ! Comme entité responsable de la maison Belgique, nous n’avons donc aucune leçon à recevoir en termes de gestion budgétaire, afin de renouer avec l'équilibre à l'horizon 2015.

 

Mais soyons clair ! Il ne s’agit pas uniquement de préserver le cadre budgétaire général de la Belgique, pour la préserver des spéculateurs. C’est avant tout un gage pour assurer un retour à la croissance la plus rapide et la plus durable possible pour tous les Wallons !

 

La constitution de provisions et/ou de marges de sécurité, destinées à amortir d’éventuelles corrections, est donc une bonne chose.

 

Chers collègues, plutôt que d’austérité, rupture avec des dépenses qui soutiennent le développement économique, le développement durable et les perspectives de croissance en Wallonie, c’est de décisions responsables que l’on peut parler.

 

Loin de tout fatalisme, le gouvernement fait preuve de volontarisme en poursuivant le redressement économique par le biais du financement du Plan Marshall 2.vert et des cofinancements européens, en promouvant la solidarité particulièrement dans le domaine des personnes handicapées et des accords du non-marchand et en développant l'emploi et la formation comme priorité des priorités.

 

Davantage encore en temps de crise, la finalisation du redressement wallon compte parmi les mesures essentielles à maintenir et à renforcer.

 

Ce budget 2012 est donc un budget rigoureux, mais aussi et surtout un budget vigoureux pour soutenir la croissance.

 

Nous l’avons dit et répété à plusieurs reprises : « les citoyens ne doivent pas payer deux fois la crise ».

 

 

Notre volonté est claire : consacrer des moyens budgétaires importants aux domaines qui permettront une relance durable de notre économie.

 

A nouveau, le budget de l’emploi et de la formation franchit la barre du milliard d'euros.

 

Par ailleurs, mon groupe salue de façon extrêmement positive le maintien des emplois créés dans le cadre du Plan Marshall 1er du nom dans les services d’accueil de l’enfance et d’aides aux personnes.

 

Concomitamment, et afin de satisfaire aux objectifs de Barcelone, le Gouvernement se doit d’accélérer les efforts en termes d’investissements dans les crèches.

 

Dans cette thématique, il est difficile de passer sous silence l'important transfert de compétences en la matière, lequel donnera à notre Région tous les instruments utiles pour mener une politique adaptée. Mon groupe sera particulièrement attentif à ce que cette politique fasse en sorte de ne laisser personne sur le bord du chemin.

 

Chers Collègues, les aides à l'emploi et à l'investissement pour les entreprises ont vu leurs moyens augmenter. Le soutien à l'innovation, par le programme Creative Wallonia, va dans le même sens. L'accueil des entreprises et des porteurs de projets se voit renforcé, et la politique d'aménagement des zonings bénéficie aussi de nouveaux efforts.

 

Cela est vrai aussi pour le secteur de l'économie sociale, qui prend de plus en plus de sens et de crédibilité dans la crise actuelle.

 

Remettre l'humain au centre de l'économie, c'est rappeler que l'économie n'est pas une fin en soi, mais un instrument au service de tous. C'est sous cet axe progressiste qu'elle doit être envisagée.

 

Dès lors, comment ne pas s'étonner d'entendre le président de l'Union wallonne des Entreprises regretter que le budget ne soit pas plus austère !

 

Je lui propose de relire Joseph Stiglitz, qui explique très bien que les politiques d'austérité ne résolvent pas la crise. Il n'est jamais que prix Nobel d'économie depuis 10 ans...

 

Et j'aimerais aussi rappeler au président de l’Union wallonne que diminuer encore davantage le pouvoir d'achat des citoyens, c'est fragiliser les entreprises qu’elle est sensée défendre. Réfléchissez avec bon sens : sans clients, comment survivraient les entreprises ?

 

Sur un autre plan, permettez-moi aussi de mentionner que, contrairement à d’autres niveaux de pouvoir, la Wallonie soutient les communes par le refinancement du Fonds des communes avec l'indexation majorée de 1 %. Elle veille aussi à compenser la perte des recettes liée à la suppression des taxes anti-économiques.

 

Ce faisant, c’est le citoyen que le Gouvernement wallon a voulu satisfaire puisque, de la bonne santé financière des pouvoirs locaux, dépend aussi la fourniture d’un service de proximité de qualité.

 

Un autre élément doit être mentionné en cette période délicate. Il n’est nullement question pour le PS de toucher à l’emploi dans la fonction publique, dont l’implication dans le processus de redressement de la Wallonie doit aussi être souligné. Il me plaît de rappeler que nous garantissons le pouvoir d'achat de nos fonctionnaires en assurant l'indexation des salaires. Ce n'est pas sur leurs dos que le gouvernement rétablit les finances régionales !

 

Chers Collègues, en 10 ans, avec les différents gouvernements qui se sont succédés, la Wallonie a profondément changé. Tenons nous-en simplement aux performances économiques : les exportations wallonnes ont augmenté de 50 % depuis 2002 ; l’excédent commercial wallon est de 13,3% ; les PME se développent (+ 3,8% cette année) ; la mobilité des travailleurs augmente ; les chiffres du chômage en Wallonie s’améliorent, même si, bien sûr, le taux de chômage est encore trop élevé mais la tendance est à la baisse et nous réjouit ; l'intervention de solidarité nationale diminue pour la Wallonie, ce qui est un autre signal du redressement wallon.

 

 

Malgré un contexte économique difficile et dans un contexte institutionnel en mutation, nous intégrons déjà à court terme les efforts additionnels du Fédéral. Mais ne nous voilons pas la face. Des efforts structurels importants nous seront demandés à moyen terme, via les transferts de compétences, mais sans volonté d'appauvrir la Wallonie par les accords institutionnels négociés par les 4 formations politiques ici représentées.

 

Mes chers Collègues,

 

Avant de conclure, je souhaiterais rendre hommage, à mon tour, à un collègue qui va nous quitter d’ici peu. Tout en gardant un regard très attentif sur l’avenir de notre Wallonie, celui-ci va pleinement s’impliquer dans une mission plus large, et certainement plus ardue vu le contexte politique national. Quand bien même nos options politiques pouvaient diverger à certains égards, je garderai de ce collègue sa ténacité, son ardeur, toute ardennaise, sa jovialité, sa simplicité. En un mot comme en cent, merci Monsieur Lutgen d’avoir œuvré pour la Wallonie.

 

Madame la Présidente,

Madame et Messieurs les Ministres,

Chers Collègues,

 

Bien sûr, j’entends le reproche de la timidité des actions et, en même temps, la critique de la dépense excessive. Je ne reviens pas sur ce paradoxe, tellement il est évident. Je rappelle brièvement que dans un contexte difficile, notre Région fait le choix politique d’être au côté de ses concitoyens.

 

Notre monde traverse une période extrêmement difficile. La réponse à cette crise doit être teintée plus que jamais de solidarité et de convictions ! Le combat pour l'égalité, pour la justice sociale, est un combat permanent de tous et il doit constituer le devoir de chacun.

 

Si ce budget ne rencontre pas pleinement l'enthousiasme que nous serions en droit d'attendre, il permet toutefois principalement de refuser la fatalité, aussi terrible soit-elle. Nous ne pouvons en aucun cas manquer de courage.

 

Et comme le disait Jean Jaurès : « Le péril est grand, mais il n’est pas invincible, si nous gardons la clarté de l’esprit, la fermeté du vouloir, si nous savons avoir à la fois l’héroïsme de la patience et l’héroïsme de l’action. La vue nette du devoir nous donnera la force de le remplir ».

 

Le groupe socialiste mettra tout en œuvre pour cela, aux côtés du Gouvernement !

 

 

Je vous remercie.

 

Isabelle Simonis,

Présidente du groupe PS