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Edmund Stoffels défend la mise en place d'une stratégie énergétique wallonne globale

Récemment, Edmund Stoffels a déposé une proposition de résolution visant à mettre sur pied, en Wallonie, une stratégie énergétique régionale globale, cohérente, concertée, transparente et durable en matière d'utilisation rationnelle d'électricité renouvelable et de certificats verts. La proposition de résolution du Député socialiste, qui intègre une vision globale de la problématique, s'accompagne d'enjeux environnementaux, économiques, sociaux et humains que nous vous proposons de découvrir.

Proposition de résolution - Edmund Stoffels

 

Edmund, en quelques mots, pouvez-vous nous résumer cette proposition de résolution?

Par cette proposition, nous faisons la demande d'actualiser le plan de maîtrise durable de l'énergie consacré à la consommation d'énergie et la production d'énergie et d'électricité renouvelables afin de mettre sur pied une stratégie énergétique régionale, globale, cohérente, concertée, transparente et durable. Et en particulier en matière d'utilisation rationnelle de l'énergie et d'électricité renouvelables et de certificats verts, afin d'identifier par filières de production la quote-part que chacune d'elles prendra dans le mixte énergétique annoncé par le Gouvernement wallon lorsqu'il inscrit dans la Déclaration de Politique Régionale de viser d'ici 2020 une capacité de production de 8000  Gw/h renouvelables électriques. En somme, il s'agit d'arriver à définir, pour la Wallonie, un objectif d'électricité verte et de quotas de certificats verts et de se pencher sur le chemin à parcourir pour y parvenir.

 

Le but est aussi la création d'emplois...

En effet, par une politique énergétique cohérente, nous pourrions créer un maximum d'emplois en Wallonie plutôt que d'importer des technologies développées ailleurs. Pour ce faire, il s'agit d'évaluer avec précision les impacts environnementaux et les impacts socio-économiques, tant positifs que négatifs, des politiques régionales et d'identifier le potentiel wallon et notamment la capacité d'adaptation et d'absorption de nos industries wallonnes. Précisément, c'est une demande qu'on retrouve dans la résolution.

 

Concrètement, quel impact pourrait avoir cette proposition de résolution sur les citoyens mais aussi sur les entreprises ?

Le coût ! En analysant avec précision les coûts directs, indirects, mais aussi les coûts supplémentaires par unité d'électricité pour les consommateurs résidentiels et les consommateurs professionnels qui seraient liés au mécanisme de certificats verts et à l'augmentation des quotas de certificats verts. Mais aussi en étudiant les mécanismes via lesquels il serait possible de limiter l'augmentation des coûts pour l'ensemble des consommateurs et en particulier pour les consommateurs à faible et moyen revenus sans que, bien sûr, les exonérations accordées aux uns ne viennent trop alourdir la facture des autres. Concernant les entreprises wallonnes, il s'agit de garantir leur compétitivité. À l'heure actuelle, le mégawattheure est plus cher en Wallonie qu'en Flandre, aux Pays-Bas ou en France. Cela se répercute sur le citoyen, mais aussi sur l'ensemble du secteur économique sous plusieurs formes. Un coût direct, d'abord : la CWAPE estime ainsi que la facture pour la consommation de 3000 kw/h par an passera de 770 euros à 1047 euros en 2020. Un coût indirect, ensuite, comme par exemple le prix du pain cuit au four électrique. Un coût supplémentaire, enfin, découlant de l'adaptation nécessaire du réseau de distribution.

 

En réalité, votre proposition de résolution couvre l'ensemble de la problématique énergétique, il s'agit d'un véritable plan Marshall de l'énergie en Wallonie...

Cette proposition s'inscrit dans une vision à long terme, c'est vrai. D'un point de vue énergétique, nous ne pouvons pas faire de la politique au jour le jour, il y a de nombreux paramètres dont nous devons tenir compte pour les mettre en perspective et comprendre ce qui pourra modifier le marché de l'électricité dans les années à venir. Par exemple, il faut savoir qu'à partir de 2013, les quotas de CO2 seront payants pour moitié. Il y aura donc des sources de financement des technologies du renouvelable qui peuvent soulager la charge à porter par le consommateur privé ou professionnel. Il s'agit donc bien d'analyser toutes les opportunités qui permettent de soulager le pouvoir d'achat des ménages déjà soumis à de rudes épreuves à travers le coût des énergies fossiles. De plus, à partir du moment où l'autorité fédérale aura vraiment soutenu le développement de l'off-shore, cela va conditionner de façon directe et indirecte la consommation d'électricité en Wallonie. Ce qui aura très probablement aussi un coût et un impact sur les stratégies que nous devons développer et qui sont en lien direct avec cette proposition, que ce soit sur le plan environnemental, économique, ou sur le plan des enjeux sociaux et humains.