Plan "Horizon 2022" : Isabelle Simonis détaille la position du groupe socialiste
Intervention d'Isabelle Simonis
Nous vivons aujourd'hui une époque particulière, au coeur de nombreux changements qui me font dire que nous sommes arrivés à un tournant décisif, qui marquera l'avenir de la Wallonie.
Ces mots peuvent sembler appartenir à un rituel classique de cérémonie, tant nous en abusons à tort.
Pourtant, je les prononce ici sans emphase.
Car force est de constater qu'ils répondent à une réalité perceptible, renforcée par des faits concrets et des échéances plus ou moins proches.
Les faits, ils sont en face de nous.
Les difficultés rencontrées actuellement par de nombreux pays de l'Union Européenne nous les rappellent à chaque instant.
Nous traversons une période particulièrement délicate, marquée du sceau de la rigueur et des économies de moyens.
Les échéances, nous les connaissons.
La première, ce sont les transferts de compétences que le Fédéral devra mettre en oeuvre prochainement.
La seconde est dictée par la réforme de la Loi spéciale de financement, qui nous donne 10 ans pour assurer notre autonomie financière et les principes de responsabilisation qui y sont liés.
Ces constats nous imposent une réaction forte.
Différents acteurs sensibles au sort de leur Région sortent du bois pour proposer des alternatives. Je crois que nous devons nous réjouir de ces forces de proposition, qui témoignent d'une vitalité non dissimulée et d'un refus de l'immobilisme.
Si nous constatons une volonté réelle de mouvement, ce dernier doit être concerté, réfléchi, pensé et construit de manière à être optimal.
Dans la poursuite de cette optimisation, et en tant que Ministre-Président de la Wallonie, vous avez donc initié l'entreprise de nous proposer un schéma adapté, dans le refus du pessimisme ambiant et en pleine conscience des futurs évènements qui marqueront la structure institutionnelle de notre pays.
Il y a derrière votre appel un message que nous devons comprendre : ce n'est qu'en unissant toutes les forces vives en action dans notre société que nous réussirons à atteindre les objectifs ambitieux que nous nous fixons.
Certains parleront d'un plan de plus.
Personnellement, je suis convaincue que la perspective "horizon 2022" répond à une nécessité. Celle d'orienter le mouvement entrepris, qui va dans la bonne direction, en fonction des données nouvelles dont nous disposons.
Si nous adaptons la trajectoire, nous gardons le cap.
Cette perspective "horizon 2022" montre que nous ne sommes pas enfermés dans un schéma unique, et que la capacité de réaction de la Wallonie s'inscrit dans la rapidité.
La situation actuelle exige que nous soyons alertes et prompts, si nous voulons anticiper au mieux les bouleversements qui nous attendent.
La perspective que vous proposez entend gagner le pari de préparer la Wallonie à ces changements profonds, changements qui modifieront sa structure, ses compétences, et ses relations avec les autres entités du paysage politique belge.
Si l'initiative que vous avez lancée était indispensable, il appartient désormais à chacun d'y apporter sa contribution.
Je n'ai aucun doute sur le fait que le gouvernement sera attentif aux réflexions des partenaires sociaux, des experts ou des membres de ce Parlement.
Tous, nous avons le même objectif.
Nous sommes liés par ce désir de contribuer au développement wallon et de donner à notre Région les instruments pour la prémunir d'un avenir incertain.
La dynamique destinée à permettre une Wallonie autonome, en misant notamment sur les liens structurels avec Bruxelles, se décline en trois volets : le socio-économique, l'institutionnel et un volet budgétaire.
Concernant le volet socio-économique, il nous revient de fixer les objectifs à atteindre d'ici 10 ans.
Une feuille de route précise reste à définir. Pour anticiper les transferts de compétences, pour anticiper la réforme de la Loi de financement, des outils sont à créer afin d'évaluer les impacts de ces changements, qui apporteront avec eux des contraintes, mais aussi des opportunités nouvelles.
C'est un vaste travail d'analyse qui doit nous occuper désormais, en transcendant les clivages politiques, pour que nous soyons prêt le jour J. Comment, par exemple, articuler les perspectives 2022 avec le plan Marshall2.vert ?
Ce dernier garde toute sa pertinence et constitue un levier indéniable qui doit être enrichi par les nouveaux aspects que nous connaissons.
A la lumière de ces éclairages, le plan Marshall2.vert ne doit-il pas se concentrer sur l'essentiel : le socio-économique, et s'orienter vers la fixation de priorités nouvelles en fonction des objectifs sur 10 ans ?
Par son essence même, le Parlement wallon doit être au cœur de cette réflexion. Il revient aux partis démocratiques francophones, ensemble, de mener cette introspection de manière raisonnée et responsable.
Sur l'institutionnel, nous devons raisonner non en craignant ce que nous pourrions abandonner, mais en imaginant ce que nous pourrions valoriser.
Je prends l'exemple de la formation.
En la matière, la mobilisation des énergies diverses est nécessaire. Il nous revient de réfléchir à la meilleure adéquation des moyens, en lien avec la politique économique et l'emploi.
Ce n'est qu'en utilisant au mieux les ressources dont nous disposons que nous donnerons à cette politique, comme à bien d'autres, l'efficacité et la l'efficience la plus complète.
Depuis plusieurs années, la Wallonie a su s'adapter à son époque et montrer son dynamisme.
Le Contrat d'Avenir, le Plan Marshall, le Plan Marshall2.vert, sont autant de preuves de sa réaction rapide pour répondre aux attentes spécifiques de la société wallonne.
Ils témoignent de la pertinence des politiques menées dans la continuité et dans la recherche perpétuelle de l'ajustement, non comme un aveu d'échec, mais comme la preuve d'une recherche et d'un questionnement ininterrompus tendant vers un certain idéal politique.
Nous savons que le budget est limité, mais nous connaissons aussi les possibilités qui s'offrent à nous et notre capacité de mobilisation.
C'est pourquoi je garde confiance.
La confiance en notre faculté de réaction et notre potentiel d'opportunités.
La confiance que votre appel, Monsieur le Ministre-Président, a été entendu et trouvera ici un écho favorable.
Je vous remercie.




