Logement : la majorité MR-Engagés découvre le PEB… Mais seulement quand ça l’arrange !
La majorité parlementaire MR/LE vient de défendre avec enthousiasme le futur « loyer social chaud » dans le logement public, intégrant la performance énergétique (PEB) dans le calcul du loyer à partir de 2027.
MR et Engagés estiment qu’un logement performant réduit la facture énergétique globale du ménage et qu’il serait donc juste que le loyer en tienne compte.
Très bien. Mais alors pourquoi ce principe d’équité énergétique disparait-il mystérieusement dès qu’on parle du logement privé ?
À la tribune du Parlement, le député PS Christophe Collignon signataire d’une proposition de décret liant l’indexation des loyers à la performance PEB des logements, s’est exprimé, au nom du groupe socialiste, en défaveur de ce « deux poids, deux mesures » : « Quand le PEB permet de justifier une réforme dans le logement public, il est un outil vertueux. Quand le PEB sert à protéger les locataires de passoires énergétiques du privé face à l’indexation, il devient soudain « imparfait », « discutable », « non prioritaire ». Ce double langage est politiquement intenable. On ne peut pas applaudir le PEB quand il augmente un loyer social… et le contester quand il limite une indexation dans le privé. À un moment, il faut choisir : soit l’équité énergétique est un principe, soit c’est un slogan ! »
Christophe Collignon a également évoqué la double peine que subissent les locataires qui louent des passoires énergétiques. Aujourd’hui, les ménages qui occupent des logements mal isolés paient à la fois un loyer indexé et une facture énergétique exorbitante. Et ce sont souvent les ménages les plus modestes.
Dans un marché locatif sous tension, prétendre que l’indexation est une simple « faculté » relève de la fiction. La réalité, c’est que le locataire paie… ou quitte le logement.
Refuser toute modulation en fonction du PEB, c’est accepter que les locataires des passoires énergétiques paient l’inflation… et la fuite de chaleur.
La proposition socialiste se veut mesurée, sans constituer une révolution. Elle n’instaure aucun gel généralisé et prévoit une modulation progressive :
- PEB D avec une indexation limitée à 75 %,
- PEB E avec une indexation limitée à 50 %,
- PEB F ou G (ou absence de certificat) pas d’indexation.
Ce n’est ni brutal ni idéologique. C’est une incitation claire à rénover, avec le soutien des primes régionales. L’indexation pleine doit récompenser la performance, pas l’inefficacité.
Christophe Collignon fustige encore l’aveuglement de la majorité MR-Engagés face à la bombe sociale annoncée pour 2028, avec l’entrée en vigueur du système européen d’échange de quotas d’émission de CO2, « l’ETS2 », qui impactera directement le coût du chauffage des bâtiments.
Tout le monde sait que les ménages vivant dans des logements énergivores en seront les premières victimes.
La majorité MR-Engagés refuse de mettre en place un mécanisme structurel de protection. On prépare une transition climatique… en laissant les plus fragiles absorber le choc. C’est socialement dangereux et politiquement irresponsable !
La majorité ne pourra pas tenir longtemps ce grand écart : intégrer le PEB dans le public au nom de la justice, le refuser dans le privé au nom de la prudence. Ce n’est pas de la prudence. C’est un choix idéologique. Un choix qui protège le statu quo plutôt que les locataires.
La question est simple. Peut-on sérieusement parler de « transition juste » en laissant les locataires des passoires énergétiques payer deux fois ?
Christophe Collignon met donc la majorité MR-Engagés face à ses contradictions : soit l’équité énergétique vaut pour tous, soit elle n’est qu’un argument de communication…
Les locataires, eux, méritent une politique cohérente, et pas un double standard !
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