Lutte contre les guet-apens homophobes : Sabine Roberty (PS) appelle la Wallonie à passer des paroles aux actes

« Face à la haine, il faut des actes, des moyens, et une Wallonie qui protège »
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie du 17 mai, la députée socialiste Sabine Roberty déposera au Parlement wallon une proposition de résolution pour lutter contre la recrudescence des violences visant les personnes LGBTQIA+, et en particulier contre les guets-apens homophobes organisés via les réseaux sociaux et les applications de rencontres.
Le constat est sans appel. Unia vient de rendre publics ses chiffres pour 2025 : 311 signalements liés à des discriminations ou à des violences fondées sur l’orientation sexuelle, soit près d’un par jour. 151 dossiers ont été ouverts, signe de faits particulièrement graves. Plus inquiétant encore : à peine 14 % des victimes osent aujourd’hui se tourner vers les services de police. La face visible de la haine n’est qu’une partie de la réalité.
Ces violences prennent des formes nouvelles. Des faux profils sont créés sur des applications de rencontres pour piéger, agresser, dépouiller et humilier les victimes en raison de leur orientation sexuelle. À Bruxelles, plusieurs auteurs ont été condamnés en 2024 pour une série de guets-apens organisés selon ce mode opératoire. À Liège, en décembre 2025, des jeunes âgés de 15 à 18 ans ont été jugés pour des agressions homophobes qu’ils filmaient et diffusaient sur les réseaux sociaux. Ce n’est plus une succession de dérapages : c’est un phénomène organisé, prémédité, parfois revendiqué.
"Les guets-apens homophobes que nous voyons émerger doivent constituer un signal d’alarme collectif. Quand certains s’organisent pour piéger et tabasser des hommes parce qu’ils sont gays, et qu’ils filment leurs agressions pour les diffuser sur les réseaux, cela signifie que les discours de haine et de rejet ont déjà profondément infusé. Nous ne pouvons plus détourner le regard. " — Sabine Roberty
Le climat est en effet inquiétant. Une étude récente menée à Gand, Anvers et Bruxelles, relayée par la RTBF, le confirme : près d’un jeune de 5e et 6e secondaire sur cinq se déclare aujourd’hui d’accord avec l’idée qu’une agression contre des personnes homosexuelles pourrait être acceptable. En 2018, ils étaient moins d’un sur dix. La tolérance à la violence a doublé en sept ans. Cette dérive s’inscrit dans la montée des discours masculinistes et réactionnaires qui présentent la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre comme une menace, et qui prospèrent sans entrave sur les réseaux sociaux.
"Quand on attaque un jeune parce qu’il est gay, ou une personne trans parce qu’elle ose être elle-même, c’est toujours la même logique : celle de la domination, du rejet de l’égalité et du refus de la diversité".
Un texte pour agir sur tous les fronts
La proposition portée par Sabine Roberty réclame le renforcement des moyens financiers des associations qui accompagnent les personnes LGBTQIA+ et leurs victimes. Elle invite la Wallonie à porter, auprès du Fédéral, la conclusion d’une charte avec les principales plateformes de rencontres — Tinder, Grindr, Bumble, Happn — sur le modèle de l’initiative française récente, afin de prévenir les guets-apens et d’améliorer les mécanismes de signalement. Elle demande enfin l’amélioration de l’accueil des victimes au sein des services de police et la formation spécifique des agents, pour que porter plainte ne soit plus une épreuve supplémentaire.
Les associations tirent la sonnette d’alarme… mais manquent de moyens
À travers cette résolution, la députée socialiste veut aussi porter la parole des associations de terrain, en première ligne face à l’explosion des demandes d’écoute, d’accompagnement et de soutien. Au moment même où les besoins explosent, ces acteurs doivent encaisser la suppression de subventions facultatives, des restrictions budgétaires et les inquiétudes majeures liées aux réformes à venir, notamment sur les emplois APE.
" On ne peut pas demander aux associations de faire toujours plus avec toujours moins, déclare Sabine Roberty. On ne peut pas proclamer que la Wallonie est une terre de libertés pour les personnes LGBTQIA+ tout en fragilisant celles et ceux qui, au quotidien, font vivre cette promesse sur le terrain. "
La Wallonie s’est déclarée « zone de libertés pour les personnes LGBTQIA+ » en juillet 2021. La Déclaration de politique régionale 2024-2029 affirme noir sur blanc qu’il n’y a pas de place pour la violence à l’égard de ces personnes. Pour Sabine Roberty, ces engagements ne valent rien sans actes.
" Une zone de libertés, ce n’est pas une formule à graver sur une plaque. C’est une responsabilité politique, des moyens et une mobilisation de chaque instant. La Wallonie doit protéger toutes celles et tous ceux qui veulent y vivre librement — et notre rôle, dans l’opposition, est de faire en sorte qu’elle le fasse vraiment. "
Contacts presse
Frédéric Masquelin – attaché de presse, groupe PS Parlement de Wallonie
Sascha Palotai – attaché de presse, groupe PS Parlement de Wallonie