Feux de forêt : pendant que l'Europe brûle, la majorité MR-Les Engagés « touche du bois ». Mais son refus d'agir engage désormais sa responsabilité.

30/07/2026 - 13:49

En février 2025, il y a 17 mois, le CERAC, le Centre d’Analyse des Risques du Changement Climatique mettait les Gouvernements fédéral et régionaux en garde : la Belgique — et plus particulièrement la Wallonie, dont un tiers du territoire est boisé — fait face à une hausse préoccupante du risque d’incendies de végétation d’ici 2030. Et pourtant, nos services ne sont pas prêts : manque de coordination, de cartographie fine, d’équipements spécialisés, de moyens aériens, ou encore absence d’exercices de simulation à grande échelle. Le signal est clair : tous les voyants sont au rouge.

 

En octobre 2025, le Groupe PS a déposé au Parlement wallon une proposition constructive de stratégie intégrée de lutte contre les feux de forêts. Ce texte a été balayé d’un revers de la main par la majorité MR-Les Engagés. Aujourd’hui, alors que nos voisins et amis, français et espagnols font face, avec courage et détermination aux feux les plus importants de leur histoire, la Wallonie est toujours au balcon : la cartographie de l’accessibilité des forêts et des zones à risque est toujours inexistante, des pans entiers de la forêt wallonne se trouvent toujours sans plans d’aménagement, il n’y a toujours pas de programmation d’exercices test à grande échelle coordonnés avec les communes, les provinces et les services de secours !

 

L’inertie du Gouvernement wallon devient coupable ! Alors qu’en juin, la Wallonie a été confrontée à une surmortalité record en Europe, la réponse de la majorité a été : « touchons du bois pour que cela ne se représente pas ! ». Aujourd’hui, alors que des milliers d’hectares de forêt brûlent chez nos voisins, le Gouvernement wallon ne fait rien. Cela n’est plus de l’inertie, c’est un aveuglement politique coupable ! 

 

Une stratégie PS ambitieuse et concrète

 

La stratégie du PS visait à outiller la Wallonie face à un risque climatique croissant. Elle proposait des mesures concrètes, structurées autour de plusieurs axes :

  • Cartographier les zones à risque ;
  • Renforcer les équipements des zones de secours ;
  • Former les pompiers aux incendies de forêts ;
  • Établir des plans d’urgence intégrés ;
  • Mettre en place des exercices annuels de simulation ;
  • Associer les communes et les forestiers ;
  • Coopérer au niveau transfrontalier ;
  • Investir dans la recherche appliquée (notamment via Cortex, l’outil régional de gestion de crise).

 

Cette stratégie globale et réaliste a été balayée d’un revers de main par la majorité, sans alternative, sans contre-proposition. Un choix politique dangereux.

 

Un précédent inquiétant

 

Après les inondations de 2021, une Commission d’enquête parlementaire avait pointé l’absence d’une culture du risque en Wallonie. Avons-nous retenu la leçon ? Pas du tout. L’Europe brûle et une partie du Gouvernement wallon met des veaux en couleur à Libramont. C’est inacceptable.

 

Selon les chiffres publiés cette semaine par la Faculté des bio-ingénieurs de l'Université de Gand, la Belgique a déjà enregistré 117 départs de feu de végétation depuis janvier. Un record : c'est davantage que sur toute l'année 2025, et près du double de la moyenne des quinze dernières années (62 incendies par an entre 2010 et 2025). La Wallonie est en première ligne — la province de Namur concentre à elle seule plus de 17 % des sinistres.

 

Si un incendie de plus grande ampleur venait à frapper la Wallonie demain, la Ministre en charge ne pourra pas dire qu’elle ne savait pas. L’alerte a été donnée, la solution proposée. Le refus d’agir engage désormais la responsabilité pleine et entière de la majorité.

 

Le PS reste mobilisé pour une Wallonie résiliente

 

Une opposition constructive, c’est proposer des initiatives fortes au service de la Wallonie. Le Groupe PS continuera à défendre une Wallonie prévoyante, résiliente et solidaire face aux crises climatiques. Car protéger nos forêts, nos habitants et notre patrimoine naturel, ce n’est pas une option. C’est une nécessité.

 

 Frédéric Masquelin 0475.35.35.35.