8 mars. Le PS interpelle le Gouvernement wallon : stop à la précarisation des femmes, place à des mesures ambitieuses
Les droits des femmes reculent dès que la précarité progresse. Aujourd’hui, de nombreuses décisions du Gouvernement wallon risquent de fragiliser davantage celles qui sont déjà les plus exposées : travailleuses à temps partiel, familles monoparentales, femmes actives dans le non-marchand, femmes cohabitantes.
À l’occasion du 8 mars, le Groupe PS au Parlement wallon déposera 12 questions parlementaires adressées aux ministres wallons. Objectif : obtenir des réponses précises sur ce qu’ils comptent mettre en place, dans leurs compétences, pour renforcer les droits des femmes et mesurer l’impact réel de leurs politiques sur elles. Au-delà des constats, le PS appelle à faire de la lutte contre la précarisation des femmes une priorité politique et budgétaire.
Des mesures qui frappent plus durement les femmes
La réalité est connue : les femmes sont plus exposées à la précarité, davantage présentes dans des secteurs essentiels mais sous-valorisés, et plus nombreuses à assumer seules les charges familiales. Or, plusieurs choix de la majorité MR–Les Engagés et de l’Arizona accentuent ces fragilités.
- Dans le non-marchand, où les emplois sont majoritairement occupés par des femmes, les difficultés sont bien réelles. Pourtant, le Gouvernement tarde à négocier un nouvel accord non-marchand, indispensable pour revaloriser les salaires et améliorer les conditions des infirmières, aides-soignantes, assistantes sociales et tant d’autres.
- Pour les mères de jeunes enfants, concilier vie familiale et vie professionnelle reste un obstacle majeur, notamment à cause du manque de places d’accueil. Là aussi, la majorité fait du sur-place.
- Les femmes cohabitantes sont davantage pénalisées par l’exclusion du chômage : revenu de remplacement plus faible, voire pas de droit du tout. Résultat : une dépendance financière encore accrue à l’égard de leur partenaire et donc une perte d’autonomie et une situation de fragilité.
- Et pour beaucoup, se loger et payer l’énergie est un parcours d’obstacles. Les mamans solos sont particulièrement exposées à la précarité énergétique et vivent plus souvent dans des logements mal isolés, avec peu de marge pour investir dans la rénovation. Or, le Gouvernement a décidé d’instaurer le « loyer social chaud » dans les logements publics, de refuser toute réflexion sur la maitrise des loyers privés et de supprimer les primes rénovation.
- D’autres décisions risquent d’aggraver encore la situation : hausse des factures d’eau et du coût de l’électricité, hausse du cout des titres services, hausse des tarifs des transports en commun.
Douze questions pour obtenir des réponses et des engagements
Le PS demande au Gouvernement wallon des données fiables et des choix courageux en faveur des droits des femmes.
Très concrètement, le PS s’interroge notamment sur : - Précarité énergétique : la Wallonie dispose-t-elle d’une analyse genrée et de mesures ciblées pour les femmes isolées et les familles monoparentales locataires ?
- Fonction publique : des analyses d’impact genrées ont-elles été réalisées sur les réformes RH ?
- Logement : quelles mesures spécifiques pour améliorer l’accès au logement des familles monoparentales ? Comment garantir que la rénovation et les aides intègrent les inégalités structurelles femmes-hommes ?
- Autonomie économique : face à la réalité des travailleuses pauvres, comment le Gouvernement compte-t-il garantir l’indépendance financière des femmes et maintenir les financements structurels aux associations féministes ?
Parmi les engagements immédiats, le PS appelle à : - Faire de la lutte contre la précarisation des femmes une priorité budgétaire et politique, en particulier pour les femmes isolées, les familles monoparentales et celles dont l’autonomie financière est fragilisée.
- Intégrer systématiquement l’impact des réformes sur le genre, pour éviter que des mesures prétendument « neutres » renforcent les inégalités.
- Soutenir durablement le tissu associatif féministe, indispensable pour prévenir les violences et accompagner les femmes vulnérables et l’immuniser totalement des économies décidées (subsides facultatifs, aides à l’emploi…).
« Les femmes sont les premières victimes des décisions de l’Arizona et du Gouvernement wallon. Le MR et Les Engagés doivent revoir leur copie. Face à l’enjeu, notre groupe est disponible pour soutenir toute mesure réellement ambitieuse qui renforcerait les droits des femmes. Mais nous serons tout aussi fermes face aux politiques qui aggravent la précarité et l’insécurité des femmes. Nous ne lâcherons rien ! » conclut Christie Morreale, Cheffe de groupe PS.
Contact presse :
Frédéric Masquelin frederic.masquelin@ps.be 0475.35.35.35.