L’ajustement de l’indifférence : zéro réponse à la crise énergétique, maintien de la rigueur à géométrie variable

27/04/2026 - 14:41
Groupe Socialiste du Parlement de Wallonie - L’ajustement de l’indifférence : zéro réponse à la crise énergétique, maintien de la rigueur à géométrie variable

Ce lundi, le gouvernement wallon présente son ajustement budgétaire 2026 en commission. Le groupe PS tire la sonnette d’alarme.

Un silence qui en dit long

Pour comprendre cet ajustement, il faut surtout regarder ce qu’il ne contient pas. C’est l’absence qui révèle les choix. Pas une mesure, pas une provision, pas même l’esquisse d’une réflexion sur la crise énergétique qui frappe les ménages wallons, les entreprises, les travailleurs et les opérateurs du secteur non marchand. Les prix de l’énergie explosent, les factures tombent et le gouvernement regarde ailleurs.

MR et Les Engagés sont aux commandes en Wallonie. Ils le sont aussi au fédéral. À quoi sert d’occuper tous les leviers du pouvoir si c’est pour ne rien faire face à l’urgence ?

Des comptes qui ne tiennent pas

Au-delà de ce silence, les chiffres eux-mêmes interrogent. Les données de l’ICN sont sans appel : le solde de financement SEC s’est dégradé de 572 millions d’euros par rapport aux prévisions du budget ajusté 2025. Depuis l’arrivée de ce gouvernement, la dégradation cumulée du déficit atteint 824 millions d’euros. Le déficit ne s’est pas réduit d’un centime — il s’est creusé.

Et il y a quelques jours, Moody’s a dégradé la note de la Wallonie : pour la première fois de son histoire, la Région entre dans la catégorie « qualité de crédit moyenne inférieure ». Le gouvernement s’en défausse sur le contexte international et ses prédécesseurs. Mais deux crans de dégradation ont eu lieu sous l’actuel ministre du Budget. Les faits sont têtus.

Des choix qui révèlent des priorités

Cet ajustement contient bien quelques réaffectations, pour les crèches, les aidants proches, les rénopacks, l’informatique. La preuve qu’il existe des marges d’action. Mais ces marges ont été utilisées pour colmater des sous-financements connus de longue date, souvent signalés par la Cour des comptes et dénoncés par l’opposition. Pendant ce temps, la rénovation énergétique des logements, les transports en commun, la transition et la protection des citoyens face à la crise attendent.

Le gouvernement a par ailleurs dû suspendre sa réforme du mécanisme des compensations Plan Marshall sous la pression du monde économique, après avoir semé l’inquiétude pendant des mois. Ce recul tardif confirme ce que le PS dénonçait : des réformes préparées à la hâte, sans concertation, sans connaissance du terrain.

La rigueur pour qui ?

Ce gouvernement a choisi de se priver de plus de 650 millions d’euros via des réformes fiscales mal calibrées, qui profiteront à une minorité. Il a accepté sans résistance un report de charges fédéral d’au moins 300 millions d’euros supplémentaires. Et il impose dans le même temps des coupes dans les services publics, les aides à l’emploi, les politiques sociales, le logement. C’est le deux poids, deux mesures.

On impose des efforts à tous, et le déficit se creuse quand même. Ce paradoxe n’est pas le fruit du hasard : il est le résultat direct des arbitrages de ce gouvernement.

« Relancer l’économie wallonne, créer de l’emploi durable, financer la transition énergétique : tout cela exige des choix courageux et des moyens. Cet ajustement n’en prend pas le chemin. C’est l’ajustement de l’indifférence. C’est une nouvelle occasion manquée », conclut le député PS Christophe Collignon. 

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