Le PS propose de créer des zones de protection contre les inondations : “On ne peut pas empêcher l’eau de tomber, mais on peut arrêter de construire là où elle doit passer”

30/06/2026 - 16:47
Groupe Socialiste du Parlement de Wallonie - Le PS propose de créer des zones de protection contre les inondations : “On ne peut pas empêcher l’eau de tomber, mais on peut arrêter de construire là où elle doit passer”

Valérie Dejardin propose de créer des zones de protection contre les inondations. Le texte sera pris en considération demain au Parlement wallon. 

 

Namur, le 30 juin 2026 – Bourgmestre de Limbourg, l’une des communes durement touchées par les inondations de juillet 2021, Valérie Dejardin sait ce que signifie gérer une catastrophe naturelle. Elle sait ce que cela veut dire d’évacuer, de rassurer, de coordonner les secours, de soutenir des familles qui ont parfois tout perdu. Elle sait aussi que l’après-crise ne s’arrête pas quand l’eau se retire : il faut nettoyer, reconstruire, réaménager, accompagner les habitants et repenser tout un territoire.

 

C’est à partir de cette expérience de terrain qu’elle dépose aujourd’hui une proposition de décret visant à mieux protéger les citoyens face aux inondations, au ruissellement et aux coulées de boue.

 

Depuis 2021, la Wallonie a avancé : les recommandations de la commission d’enquête sont suivies, la gestion de crise a été renforcée, des zones d’immersion temporaire ont été développées, les communes et les agriculteurs sont mieux accompagnés, et le risque d’inondation est davantage pris en compte dans le CoDT.

Mais les intempéries récentes l’ont rappelé : notre territoire reste vulnérable. Les épisodes extrêmes vont se répéter. La question n’est donc plus seulement de mieux réagir après la catastrophe. Il faut aussi éviter d’aggraver les risques avant qu’elle ne survienne.

 

“La Wallonie ne doit pas être mise sous cloche. Mais nous devons avoir le courage de dire que certains endroits ne peuvent plus être urbanisés comme avant. Construire mieux, ce n’est pas bloquer le territoire. C’est protéger les habitants”, souligne Valérie Dejardin.

 

La proposition de décret crée un nouvel outil dans le Code du développement territorial : la zone de protection contre les inondations.

 

Concrètement, à l’initiative d’une ou plusieurs communes, le Gouvernement pourrait définir un périmètre particulièrement exposé au risque d’inondation ou nécessaire à l’écoulement, à l’infiltration, au ralentissement ou à l’expansion des eaux. Dans ce périmètre, la construction de nouveaux bâtiments serait interdite.

L’objectif n’est pas d’empêcher tout développement. Il est de prévoir des interdictions ciblées là où construire n’est plus raisonnable au regard du risque. Certaines zones encore urbanisables ne sont tout simplement plus adaptées aux réalités climatiques que nous connaissons aujourd’hui. Continuer à y construire, c’est parfois exposer de nouveaux habitants au danger ou aggraver les risques pour les quartiers situés en aval.

 

La proposition ne vise pas non plus à abandonner les bâtiments existants. Rénover, transformer ou reconstruire resterait possible, mais avec une exigence claire : réduire la vulnérabilité du bâtiment et renforcer la résilience du territoire. 

Cela peut passer par une surélévation, une réduction de l’emprise au sol, la protection des équipements sensibles, la suppression de caves à risque, la désimperméabilisation ou la création d’espaces d’infiltration.

 

“Quand on a vécu une inondation, on sait qu’il ne suffit pas de reconstruire vite. Il faut reconstruire mieux. On ne peut pas demander aux habitants de revivre les mêmes dégâts tous les cinq ou dix ans”, insiste Valérie Dejardin.

 

Les travaux publics seraient également concernés. Les voiries, places, parkings ou équipements collectifs devraient mieux intégrer la gestion de l’eau : favoriser l’infiltration, ralentir les écoulements, réduire l’imperméabilisation et renforcer la sécurité des habitants. Chaque chantier public doit devenir une occasion de rendre le territoire plus résilient.

 

Parce que les communes ne peuvent pas porter seules cette responsabilité, la proposition prévoit aussi des subventions régionales pour financer les études, les acquisitions de terrains ou bâtiments exposés, les démolitions, la renaturation, la désimperméabilisation et les travaux publics résilients. Elle prévoit également des outils fonciers, comme le droit de préemption ou l’expropriation, ainsi qu’une indemnisation lorsque la création d’une zone entraîne une interdiction de bâtir.

 

Pour Valérie Dejardin, il faut désormais passer d’une logique de réparation à une logique de prévention.

 

“On ne pourra jamais empêcher tous les orages. Mais on peut décider de ne plus aggraver leurs conséquences. Protéger les citoyens, c’est aussi accepter que certains endroits doivent être rendus à l’eau plutôt qu’à l’urbanisation. La Wallonie ne doit pas être gelée. Elle doit être mieux pensée.”

 

Cette proposition de décret défend une conviction simple : construire mieux, au bon endroit, avec les bonnes règles, pour éviter que les mêmes causes produisent demain les mêmes drames.

 

Contacts presse

Frédéric Masquelin – attaché de presse, groupe PS Parlement de Wallonie

Sascha Palotai – attaché de presse, groupe PS Parlement de Wallonie