Rénovation : dès aujourd’hui, fini les primes… et toujours pas de prêts. Le gouvernement a supprimé l’ancien système sans avoir finalisé le nouveau.

1/10/2026 - 14:04
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« Depuis 19 mois, le gouvernement nous annonce une réforme. À l’échéance, les Wallons découvrent qu’il n’y a plus rien. » – Laurent Devin

Ce 1er octobre, les primes à la rénovation énergétique disparaissent en Wallonie. Le gouvernement MR-Les Engagés les remplace par un système de prêts. Le problème, c’est que ce système n’est pas prêt. Le député socialiste Laurent Devin (PS) dénonce une situation inédite : à partir d’aujourd’hui, les Wallonnes et les Wallons qui veulent isoler leur toit ou remplacer leurs châssis ne peuvent compter sur aucune aide. Ni prime, ni prêt.

19 mois d’annonces, et rien au jour J

Cela fait 19 mois que le gouvernement annonce la suppression des primes et leur remplacement par des prêts, avec une date : le 1er octobre. La ministre Neven répète depuis des semaines que tout est prêt. Pourtant, aujourd’hui, impossible d’introduire la moindre demande.

Le site de la Société wallonne du crédit social (SWCS) indique que le nouveau régime est d’application. Mais la vidéo de présentation dit tout autre chose : « Depuis le 1er octobre, la SWCS ne traite plus aucune demande ; raison pour laquelle notre plateforme en ligne n’est plus accessible ». Les citoyens intéressés sont invités à remplir un formulaire de préinscription qui, de l’aveu même de la SWCS, « ne constitue pas une demande officielle, n’ouvre aucun droit et ne garantit pas l’octroi d’une aide ». Il permet simplement « d’être recontacté lorsque le dispositif sera opérationnel ».

Et il ne s’agit pas d’un simple retard informatique. Selon les informations dont dispose le groupe PS, le règlement qui fixe les modalités précises des prêts n’est toujours pas validé par le gouvernement. Sans cette validation, le dispositif ne peut pas être appliqué. Qui pourra en bénéficier ? À quelles conditions ? Pour quels travaux ? Pour quel remboursement mensuel ? Personne ne peut le dire, ni les ménages, ni les entreprises, ni les banques.

« Hier encore, la ministre nous disait que tout serait prêt , qu’il ne manquait qu’une validation par le Gouvernement mais aujourd’hui , il n’est est rien. On ne supprime pas un système qui fonctionne avant d’avoir mis en place celui qui doit le remplacer. Le gouvernement coupe les primes ce 1er octobre, sans être capable de dire quand et comment les prêts qui les remplacent seront disponibles », déclare Laurent Devin.

Un trou dans la raquette pour les familles et pour le secteur de la construction

Concrètement, des ménages qui avaient prévu des travaux pour cet automne se retrouvent dans le flou le plus total. Une famille qui veut isoler sa maison a besoin de savoir à quoi elle a droit et combien lui coûtera son prêt tous les mois pour se lancer et passer commande. Elle n’a pas besoin d’être placée sur une liste d’attente. Certains vont, une nouvelle fois, devoir reporter leur chantier, d’autres y renoncer. Pour les entreprises et les artisans, invités à se préparer à une entrée en vigueur au 1er octobre, c’est une nouvelle source d’incertitude, dans un secteur déjà fragilisé par les changements de règles à répétition.

Ce n’est pas le premier faux pas dans ce dossier des « aides réno ». Il y a eu la baisse des primes de 60 % annoncée à la hussarde le 14 février 2025, assortie de conditions jugées illégales par le Conseil d’État, ce que le gouvernement a mis 19 mois à admettre avant de faire marche arrière. Il y a eu les dossiers traités avec plus de deux ans et demi de retard, des chantiers en chute libre et des emplois perdus dans la construction, faute de soutien régional. Voici donc l’épisode 6 de la saga de la gestion gouvernementale chaotique de la rénovation énergétique.

Cette rénovation est pourtant essentielle : elle permet de faire baisser les factures d’énergie, de lutter contre les passoires thermiques et de soutenir l’emploi. Ces enjeux méritent mieux qu’une énième improvisation.

Le PS demande de la clarté, tout de suite

Le groupe PS demande au gouvernement de dire clairement, dès maintenant, ce que les Wallonnes et les Wallons peuvent attendre : à quelle date précise le nouveau régime sera réellement accessible, à quelles conditions, et quelles mesures sont prévues pour ne laisser personne sans solution entre-temps.

« Les Wallons méritent mieux que ça. Quand on change les règles du jeu, on prévient, on prépare, on informe. Et on ne laisse pas les gens sans réponse. Après l’épisode de la paye des professeurs et le rétropédalage sur le régime transitoire des primes, l’amateurisme et l’improvisation sont décidément les marques de fabrique des gouvernements MR-Les Engagés », conclut Christie Morreale.

Contacts presse

Frédéric Masquelin – attaché de presse, groupe PS Parlement de Wallonie